Ces artistes fantômes que sont les rappeurs français

Point de vue
Ces artistes fantômes que sont les rappeurs français
LE MONDE | 18.04.09 | 11h59

Selon certains médias, je suis "le rappeur qui veut faire tuer Eric Zemmour". Voilà pour les présentations. Mes papiers? J'en ai quelques-uns, comme ceux que nous avons reçus cette semaine: une notification d'avocat signifiant qu'une plainte a été déposée par M. Eric Zemmour et ses avocats auprès du procureur de la République pour "des faits de menaces de crimes" et "d'injure publique". Ces accusations visent le texte d'un de mes titres récemment paru sur la Toile.

Revoilà donc le spectre terrifiant du rap aux valeurs morales crapuleuses et aux invectives criminelles. C'est le retour du hip-hop qui terrorise. Ennemi sanguinaire des institutions les plus honorables de ce pays. Les monstres sont revenus. La psychose nous rattrape. Quoiqu'elle ne nous ait jamais vraiment quittés.

Encore une fois, un rappeur est placé au centre de la polémique. Il faudra le clouer au pilori ou le faire passer à la barre. C'est seulement à cette condition que l'ordre social, médiatique et surtout moral retrouvera son harmonie. Cette fois-ci, la foudre m'a choisi.
Je m'appelle Youssoupha, j'ai 29ans, et la chanson incriminée s'intitule A force de le dire. C'est un titre où j'aborde divers sujets de société, parmi lesquels les mauvais effets des drogues douces, l'assassinat des leaders d'opinion, l'élection de Barack Obama, la lutte contre le sida, la guerre au Congo, la violence dans les stades... Mais curieusement c'est un passage en particulier qui a fait couler beaucoup d'encre et déclencher beaucoup de clics: "A force de juger nos gueules les gens le savent/Qu'à la télé souvent les chroniqueurs diabolisent les banlieusards/ Chaque fois que ça pète on dit qu'c'est nous/J'mets un billet sur la tête de celui qui fera taire ce con d'Eric Zemmour." A "l'insu de mon plein gré", donc, j'ai défrayé la chronique.

"POURVU QU'IL N'ARRIVE RIEN À M. ZEMMOUR"

Me voilà placardé un peu partout sur le Net et dans quelques journaux comme "le rappeur qui menace violemment Zemmour" ou encore "le rappeur qui a mis un contrat sur Eric Zemmour" ou, comme je l'écrivais au début de ce papier pour mieux vous situer, "le rappeur qui veut faire tuer Eric Zemmour".
Tout ça n'est pas très gai. En même temps, ma chanson ne l'est pas non plus, donc je peux le comprendre. Mais tout de même, l'ambiguïté cède la place aux interprétations les plus louches. Dans la confusion générale, certaines équivoques ouvrent la piste d'un contrat criminel sur le chroniqueur de "On n'est pas couché" sur France2.

Je me retrouve à me soucier du sort quotidien de M. Zemmour. Pourvu qu'il ne lui arrive rien car, sinon, des milliers de paires d'yeux se fixeraient dans ma direction. Assimiler un rappeur à un agitateur dangereux n'est pas un fait très original. Dans les mass médias, ça pourrait presque faire office de marronnier, comme la rentrée scolaire, le beaujolais nouveau ou le passage à l'heure d'été, tellement les précédents sont nombreux.

Il y avait déjà eu le scandale NTM. Le groupe avait été condamné pour "propos outrageants" envers les forces de l'ordre lors d'un concert en 1995. Plus tard, il y aura le procès Sniper (poursuivi en 2004 par le ministère de l'intérieur, Nicolas Sarkozy en tête), mais aussi le tapage MonsieurR (accusé d'incitation à la haine et de sexisme par le député UMP François Grosdidier en novembre2005). Tous ont été relaxés. Et à l'ombre de toutes ces "affaires" sulfureuses et racoleuses, on oublie l'acharnement judiciaire contre Hamé du groupe La Rumeur, accusé de diffamation publique envers la police nationale pour un article dénonçant la brutalité policière. Mais ses descriptions étaient tellement avérées que le parquet lui-même a reconnu que, "replacés dans leur contexte, ces propos ne constituent qu'une critique des comportements abusifs, susceptibles d'être reprochés sur les cinquante dernières années aux forces de polices à l'occasion d'événements pris dans leur globalité". Il a été relaxé à plusieurs reprises lors des différentes instances du procès, mais l'Etat envisage depuis l'année dernière de se pourvoir en cassation une seconde fois (!) pour le faire condamner enfin. Pour une affaire de ce type, c'est du jamais-vu dans l'histoire contemporaine de la justice française. Quel acharnement, quelle usure ! Qui en parle ? Pourtant, cette fois-ci, nous sommes bien dans la réalité.

DANS L'OMBRE, ON FAIT TOUJOURS DE LA MUSIQUE

J'ai eu l'occasion de m'expliquer sur le sens de mes mots, ceux d'A force de le dire, dans le journal Le Parisien. Puisque ça paraissait nécessaire. Eric Zemmour est journaliste et polémiste, je suis auteur et interprète. Il n'a jamais tué personne. Moi non plus. Nous sommes tous les deux des hommes de paroles. Une quelconque divergence de point de vue qui nous opposerait relèverait forcément du débat d'idée, de la discussion. Le faire taire? Il faut l'entendre dans le sens le plus élémentaire: le remettre à sa place, le mettre face à ses contradictions. Après tout, n'est-ce pas le sens même des lois sur les discriminations que de faire taire et de réprimer des propos qui peuvent s'avérer racistes ou "excluant"? Sa posture de journaliste lui confère un devoir de pertinence dont il doit prendre toute la mesure à l'occasion de chacune de ses déclarations.

Faire taire Eric Zemmour ? Effectivement. Il n'y a rien d'autre à entendre ou à comprendre ? A moins de s'imaginer que j'ai assez d'influence pour le faire assassiner ou que je suis disposé à le faire. Nous venons de quitter la réalité tangible. Revoilà le fantôme.
Le fantasme d'un rappeur-gangster-tueur. Ce que je suis censé être. Et c'est là que je déçois tout le monde. La réalité est beaucoup moins fantasque. Je ne suis ni un Che Guevara, ni un Jacques Mesrine, ni même le personnage haut en couleur d'un film de Lautner pour intenter à sa vie. Désolé pour ma mauvaise interprétation du personnage. Vous avez vu un fantôme. Ce n'était que moi.
Il n'y a plus rien à signaler. L'accalmie médiatique est là. Le buzz se dégonfle. Remplacé immédiatement par l'ouragan politique autour du rappeur Orelsan. Ministres et députés ont subitement décrété l'état d'urgence pour un clip vieux de trois ans qui met en scène la déprime pathétique et trash d'un petit ami trompé. L'affaire est encore plus tapageuse, donc encore plus intéressante, confiera le membre d'un organe de presse à l'un de mes collaborateurs.

J'irai donc rendre des comptes devant les autorités compétentes. Devant la justice pour la première fois de ma vie. Pour la dernière fois, j'espère. J'irai avec mes points de vue, mes critiques, le poids de mes paroles. Leur virulence aussi. Je l'assume. Je suis un rappeur. Pas un fantôme. Dans l'ombre, on fait toujours de la musique, on défend nos convictions, on danse, on dénonce, on organise, on vend des disques, on doute, on entreprend et il nous arrive même d'être des gens bien. Arrêtez de croire aux fantômes.

Youssoupha, rappeur
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# Posté le mardi 21 avril 2009 09:29

Sarkozy l'arrogant épinglé par la presse internationale

 Sarkozy l'arrogant épinglé par la presse internationale

Sarkozy l'arrogant épinglé par la presse internationale
LEMONDE.FR | 17.04.09 | 09h17 •


Barack Obama manque d'expérience, José Luis Zapatero "n'est peut-être pas très intelligent" et José Manuel Barroso brille surtout par son absence. Rapportées par Libération, les considérations assassines du président français, Nicolas Sarkozy, sur ses homologues, lors d'un déjeuner avec des parlementaires, ont déjà fait le tour de la presse internationale. L'Elysée a beau démentir, l'arrogance française a encore frappé.

On le connaissait "vantard", "hyperactif" et "familier", mais, cette fois, Nicolas Sarkozy "s'est surpassé", note le quotidien britannique The Guardian. En l'espace d'un déjeuner, "le président français s'est débrouillé pour rabaisser Barack Obama, traiter Angela Merkel avec condescendance et insulter" le premier ministre espagnol. Seul Silvio Berlusconi a été épargné. Et pour cause : à en croire Nicolas Sarkozy, "l'important dans la démocratie, c'est d'être réélu". Et "Berlusconi, il a été réélu trois fois."

"Deux fois seulement" corrige le New York Times. Rappelant "le goût de l'action" du chef de l'Etat, le quotidien américain se borne à un exposé acerbe des prétentions françaises. "Dans le monde de Sarko, le président Obama est faible, inexpérimenté et mal informé sur le changement climatique". C'est "la fin de la courte lune de miel franco-américaine", ironise The Times.

Côté espagnol, la polémique a rapidement pris de l'ampleur. A en croire El Pais, les démentis de l'Elysée n'ont pas convaincu. Beaucoup sont montés au créneau pour défendre le premier ministre socialiste. Même le vice-secrétaire de la communication du PP (Parti populaire, droite), Esteban González Pons, s'est dit gêné. "Je ne me réjouis pas de ces déclarations, même s'il a parfois raison. Zapatero est notre chef d'Etat, c'est comme ça, s'il est attaqué, nous devons le défendre."
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# Posté le samedi 18 avril 2009 16:22

WELCOME

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# Posté le mercredi 08 avril 2009 13:23

Manifeste pour la liberté des migrants et de ceux qui les aident


Il n'aurait fallu
Qu'un moment de plus
Pour que la mort vienne
Mais une main nue
Alors est venue
Qui a pris la mienne
Aragon


Nous, organisations et citoyens soussignés, refusons que l'aide aux migrants soit considérée comme un délit.
Nous sommes scandalisés par les mises sur écoute, les intimidations et les arrestations de bénévoles.
Nous soutenons et soutiendrons toutes celles et ceux qui sont ou seront inquiétés par les autorités pour avoir tendu la main à des hommes et des femmes innocents, abandonnés dans nos fossés par les États européens.
Nous demandons la mise en place d'une nouvelle politique de l'immigration, une politique à visage humain, soucieuse de la dignité et des libertés de chacun.
Le drame de l'après-Sangatte a trop duré.

À Norrent-Fontes, le 28 février 2009

Organisations signataires :

Amnesty international, ANAFE, L'Auberge des migrants, La Belle Etoile, Collectif d'aide aux migrants de Angres, Collectif de soutien aux exilés du 10e (Paris), CSP 59 (membre de la coordination nationale des sans-papiers), C'SUR Calais, Emmaüs Saint-Omer, FSU 62, Gisti, Ligue des Droits de l'homme (France, Nord-Pas-de-Calais, Pas-de-Calais, Boulogne, Calais), Médecins du monde, Mille Babords (Marseille), RESF 59/62, RUSF 59/62, SALAM Nord/Pas-de-Calais, Secours catholique , association Solidarité Migrants (Oise), Terre d'errance Norrent-Fontes, Terre d'errance Steenvoorde


Manifeste pour la liberté des migrants et de ceux qui les aident
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# Posté le mercredi 08 avril 2009 13:22

Hadopi : les petites perles du débat parlementaire

Hadopi : les petites perles du débat parlementaire

Les députés ont rejeté mercredi un amendement au projet de loi Création et Internet, qui prévoyait de remplacer la coupure de connexion par une amende en cas de téléchargement illégal. Pendant ce temps, les débats offrent toujours des échanges surprenants. Florilège.


Hadopi va-t-elle devoir acheter des mots-clés Google ?


C'est la dernière trouvaille en date des députés. L'amendement 50, déposé par Franck Riester, le rapporteur UMP du projet de loi, prévoit qu'«afin de mieux valoriser l'offre légale, il est souligné que la Haute Autorité veille à la mise en place ainsi qu'à l'actualisation d'un système de référencement de ces mêmes offres par les logiciels permettant de trouver des ressources sur les réseaux de communication électroniques.».

Même chose du côté des offres légales de visionnage de films (amendement 26), pour lesquelles il est demandé au CNC «d'initier ou d'élaborer avant le 1er janvier 2010 la mise en place de systèmes de référencement, par les logiciels permettant de trouver des ressources sur les réseaux de communication électronique, favorables au développement des offres légales».

En clair, la commission Hadopi (composée de magistrats pour l'essentiel) devra se débrouiller pour que Deezer, Spotify, iTunes et autres fournisseurs de musique ou de films «légaux», soient bien référencés par Google. Comment ? Mystère. Google s'est aussitôt fendu d'un communiqué amusé : «Nous espérons qu'il s'agit ici d'un malentendu découlant d'une formulation sujette à interprétation. Ce serait aller loin que de demander aux moteurs de recherche de surréférencer certains sites labellisés, cela constituerait une forme de censure. Nous espérons que le rapporteur penchera plutôt pour la création d'un portail référençant certaines offres».

Bref, la seule solution, serait donc de lancer une campagne d'achat de mots-clés qui risque de rapidement coûter très cher...


Combien de personnels pour rendre 1.000 décisions par jour ?


Question soulevée par le député socialiste Christian Paul : «Il a été dit dans ce débat, sans que cela soit contredit je suppose donc que tel est l'objectif du Gouvernement , qu'il pourrait y avoir jusqu'à 1 000 suspensions par jour, ou 1 000 décisions vous le préciserez. Combien de rapporteurs pensez-vous donc nécessaires, monsieur le rapporteur, pour que puisse correctement fonctionner cette Haute Autorité chargée de rendre 1 000 décisions par jour ?»

Réponse de la ministre Christine Albanel : «Nous portons un message pédagogique. L'idée n'est absolument pas de prendre 1 000 décisions de suspension par jour. Des milliers de mails seront effectivement envoyés, mais le but n'est pas de suspendre des abonnements. La suspension n'intervient qu'en ultime ressort. Personne ne peut dire aujourd'hui combien de suspensions seront décidées. Ce qui est important, ce sont les mails et les lettres recommandées».

Le député Nouveau centre Jean Dionis du Séjour intervient : «Il faut être précis. J'étais en commission des affaires économiques le 17 février pour vous écouter, madame la ministre. Ce jour-là, vous nous avez communiqué des hypothèses de travail très précises, qui figurent au procès verbal de la commission [...] Je vous cite donc : « Nous travaillons actuellement sur les hypothèses suivantes : 10 000 mails par jour, 3 000 lettres avec accusé de réception par jour, 1 000 suspensions par jour. » [...] Vous étiez très précise. Vous avez donc une idée de la manière dont les choses se passeront, et c'est de cela que nous voulons débattre. Il faut entrer dans le débat, sinon nous allons faire de grosses bêtises.


Des entrepôts pour stocker les disques durs ?

Les opposants à la loi rappellent qu'en cas de contestation, les internautes devront envoyer leur disque dur pour prouver qu'ils n'ont pas téléchargé le fichier pour lequel on les accuse.

Jean-Louis Gagnaire (PS) s'interroge : «Madame la ministre, vous n'appréhendez pas très bien le volume que tout ce dispositif est susceptible de constituer. Autant pour les dispositions applicables à la CNIL, on se base sur quelques centaines d'ordinateurs, autant ici, il s'agit de 1 000 e-mails par jour. En supposant que la moitié des internautes faisant l'objet d'un avertissement soient définitivement déclarés responsables, vous pouvez imaginer le nombre de disques durs que la commission va recevoir ! Cela va peut-être créer beaucoup d'emplois mais, en tout cas, il faudra réquisitionner des entrepôts pour mettre en œuvre ce dispositif. Au passage, je signale que la plupart de nos concitoyens ne savent absolument pas où se trouve le disque dur, et ils risquent de le confondre avec système d'alimentation de l'ordinateur, au prix de quelque danger pour celui qui le démontera»


L'affaire des spams

Autre point soulevé par Jean-Louis Gagnaire : «un certain nombre de nos concitoyens utilisent des anti-spams qui filtrent ce type d'e-mails envoyés en masse. Les anti-spams sont loin d'être parfaits, et ils bloquent parfois de bons e-mails. Il est donc tout à fait possible que des internautes ne reçoivent jamais les avertissements. [...] Mais si, mes chers collègues, et je vous invite à aller voir auprès de vos enfants ou de vos petits-enfants comment cela marche. C'est révélateur de l'impossibilité à mettre en œuvre les dispositions inscrites dans ce texte. En tout cas, la matérialité ne sera jamais avérée puisque les plus aguerris ne téléchargeront pas avec les bonnes adresses IP.

Martine Billard surenchérit : «S'agissant des messages d'avertissement, madame la ministre, figurez-vous que de petits marrants si j'ose dire commencent déjà à envoyer des mails ainsi rédigés : « Votre adresse IP a été relevée comme ayant procédé à un téléchargement illégal. Veuillez cliquer sur le lien suivant. » Pour l'instant, ces mails présentent les défauts d'être en anglais et d'arriver avant le vote de la loi. Néanmoins cela montre que certains ont pris les devants. Quand la loi sera votée et que les petits astucieux auront traduit les messages en français, que se passera-t-il si vous cliquez sur le lien en pensant que le message vient de la HADOPI ? Vous arrivez sur un site totalement pirate. Et alors comment prouvez-vous votre bonne foi ? Si cela existe déjà en anglais, on peut imaginer que la version française ne va pas tarder à circuler.

Et réponse étrange de la ministre : «Madame Billard, les mails seront envoyés par la Haute autorité et, bien sûr, le système sera complètement automatisé ; cela est possible et cela fait partie des engagements pris, lors des accords de l'Élysée, par les fournisseurs d'accès à Internet. En outre, je ne vois pas quel éditeur produira des logiciels anti-spams qui feraient obstacle aux messages de la HADOPI, une instance officielle»



Les hackers et les facteurs

Point soulevé par Christian Paul : «Je pourrais proposer, si je ne craignais de le désigner à la vindicte populaire, que l'adresse IP de Frédéric Lefebvre soit mobilisée pour des téléchargements fictifs. Tout cela va se produire, madame la ministre : de nombreux groupes sont tellement ulcérés par le caractère injuste de cette loi qu'ils sont déjà en train de préparer des offensives de ce type. La saturation de votre usine HADOPI va déclencher un feu d'artifice de contentieux, et je suis très étonné que personne ni vous-même, madame la ministre, ni le rapporteur ne prenne au moins la peine d'essayer de rassurer l'Assemblée nationale et les internautes qui assistent à nos débats et ont besoin de comprendre comment votre machine va bien pouvoir fonctionner. J'aimerais beaucoup vous entendre sur ce point, madame la ministre.»

Et réponse de Christine Albanel : «Pourquoi ne se demande-t-on jamais, lorsqu'il est question, par exemple, des mises en demeure que les voyageurs contrevenants peuvent recevoir de la SNCF, si certains procédés ne permettraient pas d'empêcher le facteur de procéder à la remise des courriers de mise en demeure ?»
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# Posté le mardi 07 avril 2009 12:26

Le PS contre Hadopi

Le PS contre Hadopi
A la veille de l'ouverture des débats relatifs à la loi « Création et Internet » à l'Assemblée nationale, le bureau national du parti socialiste (PS) a fait savoir mardi par voie de communiqué de presse qu'il exprimait ses plus vives réserves à l'encontre du texte. « Ce texte ne rapportera pas un euro de plus à la création artistique », affirme le PS, « c'est un pari perdu d'avance car les usages des internautes ont déjà évolué ».

« Ce dispositif pourra être facilement contourné et manipulé : en cryptant, par exemple, les fichiers échangés ou, plus grave, en se servant de l'adresse IP d'un autre internaute pour télécharger illégalement », ajoute le bureau national ; un argument auquel le gouvernement oppose pour mémoire l'utilisation d'une solution de « sécurisation » du poste de travail de l'internaute.

« Dans les prochains mois, après avoir consulté tous les acteurs concernés, il sera amené à faire des propositions qui devront permettre d'adapter réellement le droit d'auteur aux évolutions technologiques et d'aider à l'émergence d'un nouveau modèle économique redistributif et équitable », promet l'opposition.

Une large partie des sénateurs socialistes s'étaient joints à l'UMP au Sénat, en octobre dernier, pour valider le projet de loi « Création et Internet ». Pour l'Assemblée, la consigne semble être de faire front, mais contre le texte cette fois.

Pour mémoire, les débats viennent de commencer à l'Assemblée (suivi en direct) avec l'exposé du texte par Christine Albanel et se poursuivre jeudi, avant d'être suspendus pendant quinze jours. Ils reprendront ensuite aux alentours du 31 mars.
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# Posté le mardi 07 avril 2009 12:13